13.05.2008
Toi, qui sans façon.
La dernière fois que j’ai vu ma mère je devais avoir 14 ans , je crois. Elle était passée nous rendre visite. Une fin d’après midi.
Cette fin d’après midi, poussée par une intrusion que je ne saurais nommer, j’étais rentrée à la maison aussi vite que d’ordinaire. Je sentais que quelque chose de grave allait se passer.
Dans ses jupes se cachait une petite fille que je ne connaissais pas. Je lui ai aussitôt envié sa jolie robe, ses jolis souliers et ses cheveux retenus par deux tresses. Ma mère nous la présenta. Sa fille portait un prénom de reine.
Puis , ma mère régla ses comptes avec mon père. Ce fut un moment spéciale. Comme si tout avait été pensé et écrit avec soin. Qu’Elle avait appuyé sur la touche imprimer d’un machine à jet de mots. Et que celle ci avait craché des des mots comme du venin.
Ce n’était pas de la colère, encore moins de la haine, seulement du désespoir.
Je sais depuis analyser les sentiments, la manière dont ils sont exprimés et ce qu’ils traduisent.
Je crois que je ne l’ai jamais revu en tous cas je ne m’en souviens plus.
Pendant toutes ces années son absence m’a tenu compagnie. Je ne fus jamais seule. J’ai rencontré à différentes occasions des adultes, sorte de tuteurs périphériques qui ont su m’accompagner, me protéger, prendre soin de moi. J’ai aimé certaines comme on aime une mère de substitution, imaginant , en les regardant une autre femme.
Si les adultes savaient combien, parfois, les enfants les regardent et les jaugent. Ceux qui ont dans leur cœur un peu d’amour en trop, ceux qui ne gardent pas cet amour "au cas ou " mais le partagent avec ceux, les autres que le vie place sur leur chemin, sur leur pallier, dans leur salle de classe ou derrière leur bureau.
J’ai toujours eu la sensation d’être cette petite fille à protéger. Comme si les adultes ou la vie même m’était redevable de ne m’avoir offert pour toute chaleur maternante celle d'une absente.
Une sensation. Jusqu’à aujourd’hui.
J’ai fait la connaissance d’une jeune femme. Je dois avoir presque deux fois son âge. Pour elle j’éprouve ce sentiment un peu particulier. Mélange de celui que je ressens pour mes enfants et de ce que, enfant, j’éprouvais pour ces adultes qui m’ont aimé et m’ont tenu compagnie.
Elle aime me raconter des petits bouts de sa journée, recherchant sans le demander vraiment un conseil, une autorisation voir une approbation.
Elle m’investit d’une fonction nouvelle. Je lui suis reconnaissante par ce qu’en prenant par la main la petite fille que je reconnais en elle, j’oublie celle que je ne suis plus depuis longtemps déjà mais que jamais je n’ai voulu abandonner.
Je réalise que j'ai grandi, vieilli aussi peut-être; comme un fruit à maturité... dont le soleil, la pluie et les coups de vent auraient durci la peau sans jamais s'en prendre au coeur.
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27.04.2008
C'est écrit dans le livre
"Pour avoir quitté trop tôt le pays d'origine, [ la mère ] quelques -unes resteront hantées par le mal du retour, nostalgique.
Ces exilées sont, à leur insu, porteuses d'une terre perdue. Elles s'habitent mal. Selon les cas, elles se fabriquent des maisons, des amours, des voyages...,
elles se cherchent des bras, des soleils, des dévotions. Elles s'y abritent, s'y réchauffent et parfois finissent par s'installer".
Chambre à part. Catherine Ternynck
Parfois, sur les pages d'un livre, il arrive que l'on rencontre quelqu'un que l'on connait bien.
20:14 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
12.04.2008
Note de coeur
Une délicieuse odeur de parfum flotte autour de moi... à fleur de peau
je renifle, je cherche a en capturer l'essence, je voudrais trouver toute seule...
Voile de quelque chose... c'était écrit sur l'échantillon. Tans pis, je ne me relèverais pas, je vérifierais demain.
Pendant très longtemps, je me suis parfumée à la vanille comme ma vieille histoire...
Puis un matin sans savoir pourquoi, j'en ai eu assez.
Depuis , je me tâte, je touche à tout, j'échantillonne...
Ce soir c'est diffèrent, je me sens bon. Là toute seule dans mes draps sans odeur.
Je pense à ce petit bistrot que j'aime beaucoup et dont je ne t'ai jamais parlé, sais- tu aussi ce qu'il y a d'écrit sur le dos de ma médaille...
Je me demande, mon cher blog, si tu me connais vraiment....
21:32 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note
02.04.2008
Salade Créole
Les enfants ont parfois de très grandes réflexions.
Elles naissent on ne sait comment, à des moments les plus inattendues. Elles ne vous laissent pas le temps de vous preparer, elles vous surprennent, et, vous obligent parfois à défaut de spontanéité à trouver rapidement dans la boite à outil, la bonne réponse, la bonne clé, celle qui colle le mieux à la situation.
Celle qui vous oblige à revoir la notice de: "Il ne faut jamais mentir aux enfants "
je ne vous apprendrais rien si je vous dis que ma fille voue à son père une admiration indéfectible et sans condition. J'en ai déjà éprouvé des hauts le coeur.
Cette admiration n'est en rien comparable à celle, tout aussi grande, qu'elle porte à son instituteur.
Ma fille me rapporte, encore, volontiers les discussions de la classe à propos du mot du jour, de sa définition, de ses évolutions.
Elle a découvert le mot apartheid récemment: Tu sais, c'est lorsque les noirs n'avaient pas le droit de monter dans le même bus que les blancs"...
Elle avait sur ce sujet une opinion suffisamment claire et objective pour que je continue à accorder toute ma confiance à son instituteur et à la classe.
Ma fille réfléchit beaucoup. Elle a dans la tête et à son âge, autant de labyrinthes que moi dans la mienne... Mais je sais que les siens sont plus lumineux et moins tortueux.
La demoiselle, heureuse, termine la discussion " Mon papa est un gentil blanc puisqu'il s'est marié avec toi..." Je la sens heureuse et reconnaissante comme, dans cette phrase, quelque chose avait été réparée. Elle s'est éloignée et je n'ai pas eu le temps de donner mon point de vue sur le sujet.
Oui, c'est ça, ma petite beauté.
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31.03.2008
Racontes moi une histoire
A la question qui m'a été posée, Je répondrai:
" La seule encre que je n'ai jamais goutée était noire. c'était celle de l'encrier de mon pupitre d'écolier".
J'ai eu les lèvres et la bouche toutes noircies pendant plusieurs jours.
22:11 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
09.03.2008
Si vous savieZ
Lorsque j'ai voulu, il y a quelques temps, fermer les pages de ce blog, Mon amie Scoubi s'y est formellement opposée. Elle a regretté sincèrement, presque désespérément que mes posts d'AvanT sombrent dans les labyrinthes d'u-blog, quelque part où personne ne pourra jamais les retrouver.
Telle une muse, une instigatrice, elle m'encourage à noter, à écrire ce que je pourrais avoir à dire. Je n'y arrive plus, est ma réponse.
Et nous parlons, comme des orphelines, des temps jadis des blogs...
J'ai lu, en commentaire de Bouts de ficelle un commentaire ... un souvenir
Jadis, je lui confiais tellement de bouts de moi, qu'il lui serait possible de mettre en scènes mes oeuvres passées. Il savait sonder mon coeur et mettre à nu mes pensées, réveiller mes plus intimes souvenirs...
Une pause, une parenthèse, un souvenir.
Puis la douceur particulière d'un " Ca va", et rien d'autre à rajouter sinon: Je vais bien, ne t'en fais pas. J'ai vu les Ch'tit et moi aussi j'ai aimé. Mon rire répondait à celui des autres, se mélait à celui de mon voisin de fauteuil et nous étions bien, tous ensemble, c'est tout.
Les enfants se disputent souvent. J'essaie de ne pas intervenir... Il me semble qu'entre mes 6 soeurs, mon frère et moi, il y avait moins chamaillerie....
Voila. Un post pour ne rien dire. Tu vois scoubi, je peux le faire!!!
19:36 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
04.03.2008
En tout intimité
Certains jours,
Comme aujourdh'ui
J'ai mal à ma douleur.
Ce n'est jamais bien grave, ni même bien long,
Juste mal.
Je vais allée marcher sous la neige... Dire que le printemps pensait se jouer de l'hiver...
19:22 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
05.02.2008
Pour me comprendre
Hier soir,
à l'atelier de peinture, je les écoutais parler. De Van gogh, de Courbet, de C. le Belle. De leurs oeuvres, de leurs tourments, de corbeaux, de génie et de folie.
J'aime entendre leurs mots, ceux des uns et des autres, se croiser, s'entreméler, se couper pour prendre du sens.
Les mots m'apaisent et je n'entends rien d'autre sinon les coups portés au temps par le clocher de l'église du village.
Parfois, je leur réponds dans ma tête ou de la voix. Aucune obligation.
Une pause par semaine. Une évasion. Un luxe.
21:04 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
29.01.2008
Conseil de vie scolaire
Je me suis installée derrière le volant, j'ai actionné la fermeture centralisée de la voiture.
J'ai pleuré, j'ai pleuré. J'ai pleuré de tout mon coeur.
J'ai pleuré sur moi, sur ma honte, sur les larmes qui me sont venues, sur ma rage d'avoir pleuré devant lui, sur mon incapacité de comprendre, sur ma colère, sur son attitude. J'ai pleuré. Seule dans ma voiture.
J'ai pleuré parce que je ne reconnaissais pas mon fils dans cet inconnu dont on me parlait, j'ai pleuré parce que j'ai cru en tous ces mots qui me disaient que cela irait mieux. J'ai pleuré par ce que je suis déçue. J'ai pleuré parce que je ne savais pas quoi faire.
J'ai pleuré à en avoir mal.... Je me suis mouchée. J'ai sorti mon agenda de mon sac à mains et j'ai rayé.
15 heures: rendez- vous collège:
Puis j'ai mis le contact.
19:45 Publié dans Bouts de moi | Lien permanent | Commentaires (12) | Envoyer cette note
28.01.2008
Et le papa?
Je n’avias pas fermé les volets de la chambre hier soir. Est ce pour cela que j’ai eu de la difficulté à m’endormir. J’avais l’impression que la lune me regardait.
La semaine s’annonce difficile.
Mercredi matin c’est la phase finale de ma démarche de validation des acquis de mon expérience, cela me demande une énergie folle, d’abord réorganiser le temps des enfants, trouver des suppléants pour les conduire à leurs activités du matin, l’absence de grands-parents, de parents proches me pèse à ces moments la. Je peux compter sur les copines-maman-de-copines-de-ma-fille, mais le mercredi est un jour chargé pour beaucoup de maman… sacré jury. Concilier la vie professionnelle et la vie familiale, quelle gageure ! !
Et le papa ? Penseront certains à l’esprit pratique…. Combien de fois ai-je, moi-même, prononcé ces quelques mots…en d’autres lieux. 
Un tout petit entretien, qui perturbe mes habitudes et met du désordre dans mes pensées… Suis-je à la hauteur… Est-ce ma faute si nos relations et nos rapports sont si compliqués ?
Valider les acquis de mon expérience… Quelle ironie!!!
Viendra vendredi matin, avec son nouveau challenge. Celui de l’entretien annuel d’évaluation. J’irais, avec mes chiffres, rendre compte de mon activité, parler de mes points forts, de mes compétences à développer…entendre ce que l’on a à me dire…ressortir rencontrer les regards interrogateurs…Alors ? mais personne ne demandera rien. C’est tabou. Mais cela m’est bien égal ! ! Je l’ai eu l’année passée ! ! !
Voilà, j’ai bientôt terminée ma pause. Je vais y retourner.
Cela me fait du bien d’en parler avec vous.
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