16.05.2008

Ouvert au public

Nous l’avons tous remarqué. Le temps est au beau fixe. Il ne me faut rien de plus pour que je pense aux vacances.
Alors qu’au bureau, service public oblige, nous nous organisons pour que pendant les jolis ponts du mois de mai et la journée de solidarité il y ait une continuité dans le service rendu aux justiciables, se posent déjà le casse tête des prévisions des vacances estivales.
Pas facile, entre les jeunes mères de famille, les grands-parents qui posent congés pendant les vacances scolaires, les parents d’adolescents dont on pense que les enfants peuvent se garder tout seuls et les emmerdeurs.... ça discutent sec, 
J’ai décidé de m’acheter un nouveau maillot de bain. Oh, audacieuse entreprise.
Lorsque je suis rentrée dans le magasin, la jeune hôtesse de vente qui a levé la tête de son ponton comptoir me disait vaguement quelques chose, de belles vagues bleues et chaudes. "Allez laisse toi guider, fais la planche. Même si tu n’en as pas la forme". disait ma voix off.
Je voulais quelque chose de coloré, de sobre et pas trop dispendieux. Je regardais les modèles exposés.
La petite hôtesse continuait son classement. En fait, elle accrochait aux vêtements des petites étiquettes de toutes les couleurs… azur, orangé, vert opale…
Je choisis modèle,

-je peux essayer ? Et j’ai filé en cabine !

-Vous pouvez m’aider ? parce que moi, j'ai appris à me méfier de mon reflet dans la glace.

-Oui bien sur... Mais là, il vous faudrait la taille au-dessus.
La vache ! ! Je coule et tombe de ma jolie planche. Oh, l’eau est plus froide que je ne l’imaginais.
Elle revient.

-Voilà le modèle ci en plus grand et celui ci qui est plus seyant pour des poitrines comme la votre.
Oh ! ! Mes flotteurs… 

Ma petite hôtesse de caisse semait la tempête dans ma mémoire…je la connais, je la connais, où l’ai-je déjà vu… Je me tais et je rame.

Elle me vendit, je l’avoue, un fort joli modèle.

- Vous avez été servi par Océane  

- Oui. Merci beaucoup ticket de caisse. Mais où l’avais je déjà rencontré ? ? ?

 

Je ne m’en souvenais plus. Mais je jurerais qu’elle se le rappelait.

23.04.2008

Le petit pont de bois

"C'est en écoutant leur oraison

que l'on découvre aux morts

les qualités qu'ils avaient de leur vivant."

Je ne me rappelle plus qui est l'auteur de cette citation.

J'ai toujours eu une admiration profonde pour Zobel, écrivain martiniquais et pour son oeuvre.

La rue Case nègrerend compte du combat de Man'tine, sa grand-mère, pour faire de lui un grand homme. Il raconte ses premiers jours d'école, ses souvenirs de petit garçon pauvre dans la Martinique de ce temps là. Je reconnais les odeurs, les saveurs, les craintes, l'abandon et l'amour plus fort que l'océan que lui portait celle qui était le mère de sa mère.

Un grand homme. Comme monsieur Césaire.

L'annonce de son décès m'a émue, puis j'ai pleuré sur lui parce que nous avions la même douleur de peau.

10.02.2008

Tant va la cruche à l'eau

De la corbeille à linge débordent des vêtements à repasser... et je continue à remettre à plus tard.

Ce matin le soleil brille, j'ai l'esprit vagabond.

Lorsque j'étais toute petite, nous étions déjà beaucoup à la maison. Les journées s'organisait selon un rituel dont chacun avait sa part.

On se levait matin. Il fallait, avant les grosses chaleurs aller chercher de l'eau fraîche à la fontaine du quartier. Nous remplissions, chaque jour, à tour de rôle, la jarre qui tenait au frais l'eau à boire, puis nous remettions juste à niveau l'eau du baril réservée à l'usage domestique. Tous les enfants de la rue s'y employaient, si bien que nous n'éprouvions aucune honte à porter, sur la tête, les seaux d'eau... Petit à petit, l'eau courante est arrivée dans les maison.  Et porter l'eau est devenue une honte, une éclaboussure.

Juste après, il fallait balayer devant la maison, balayer devant sa porte prend tout son sens dans nos rues, alors qu'à l'intérieur lits, poussière et désordre s'inclinaient sous les mains enfantines.

Après la toilette arrivait l'heure de l'école. Une demie heure à pieds au milieu des bruits, des couleurs, de la vie.

La cloche sonnait et arrivait enfin le calme et le moment d'apprendre.  Les mathématiques, l'orthographe et la conjugaison mais surtout la poésie. Les phrases aux allures solennels de Prèvert, les histoires d'animaux de la fontaine. Il y a du merveilleux à découvrir que ces hommes de lettres ont parfois eu une enfance qui ressemble à la notre. Zobel  se souvenant de Man'Tine et de sa rue case nègres. Les vacances de Pagnol et les tourments de poils de carotte... 

Lorsque le soir, après la classe...

Les enfants sont en vacances. J'entends par ici et par là, qu'ils sont fatigués et que ses deux semaines de repos arrivent à propos...

Suis-je si vieille que ça? Les choses ont-elles tant changé que la vue d'un panier à linge à repasser m'épuisent ou devrais-je simplement changer de lunettes.

06.02.2008

Derrière le masque

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Hier, c'était carnaval et elle voulait être la plus belle.

Je lui ai expliqué qu'un déguisement n'était pas forcement beau... Elle n'a pas eu l'air de comprendre ce que je voulais dire.

J'ai toujours, encore, beaucoup de difficultés à distinguer l'envers et l'endroit du madras.

Ce matin. Il est tombé des gouttes de pluie assi grosses que des morceaux de sucre.... C'était incroyable.

21.01.2008

Les flon-flonds du bal

Allez, fais un effort...

La consigne est relativement simple. Il suffirait de presque rien; poser le stylo sur la feuille blanche, impulser le premier jet et espérer les suivants.

La phrase d'accroche est une bombe. " Ne dites pas à ma mère..."

Elle écoute à la radio, une émission “  Ah c’était le bon temps” soupire l'animateur dans le micro. C'est après le déjeuner, la sieste est obligatoire et de toutes façons la chaleur est assommante. pour rester éveillée j'écoute sa voix aller et venir aux rythmes de ses déplacement.

 Dans tes yeux si bleus...Je comprends mal l'extravagence de ces mots. Les yeux bleus ne pouvaient se concevoir, ici, à l'heure de la télévision ORTF en noir et blanc.

Les flon-flons du bal, à grands coups de cymbale...

Elle chantait toujours des chansons tristes. C'est pour cela que je les ai retenues.

Allez, fais un effort... Pense à quelque chose de joyeux, à un secret, à  une promenade, à une comptine...

Encore une minute, je n'ai pas joué le jeu... d'écriture. Une minute pour écrire tellement de mots. 

22.10.2007

Des foulards et des madras

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Des histoires de madras me tournent dans la tête en ce moment.

J'ai lu le dernier billet d'une bloggeuse que je découvre. Il était question de Blogothèraphie.

J'ai noté en commentaire de son billet que je pouvais comprendre ce dont elle parlait.

Lorsque j'ai commencé à écrire sur mon premier blog, je n'avais rien dans la tête, sinon tout ce que j'avais mis vingt années à oublier.

 J'avais tout le temps peur, mais je ne savais pas pour quelle raison.

Petit à petit les mots me sont venus, souvent en métaphores ou en images au désespoir des lecteurs qui ne me comprenaient pas toujours.

J'ai parlé de lui, d'elle, de moi et des autres. J'ai semé mes petits cailloux en profitant du bonheur de ramasser ceux que à leur tour d'autres bloggeurs me laissaient.

J'ai un joli petit tas, mais dans quelques jours U-blog y mettra un gros coup de pied. Normalement tous mes écris vont disparaître car je n'ai pas eu le courage ni le temps de les sauvegarder.

Qu'importe, je pense qu'ils  ne me sont plus utiles....

Sinon, j'ai remarqué que " La fille d'à côté" du blog Inquisition n'écrivait plus... Je me dis qu'elle a du être enveléé par son prince charmant... .-)) 

 

 

17.10.2007

Venez vendre...

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J'ai retrouvé l'été dernier

la petite case en bois devant laquelle nous passions tous les matins

A l'époque elle était toute pimpante, toujours matinale et baignée de soleil

Devant la porte, il y avait un petit comptoir en bois sur lequel étaient posés des bocaux en verre remplis de bonbons aux cacahuètes, de caramel, et de pipilittes

je me souviens du rituel,

lorsqu'elle n'était pas là, nous tapotions sur le comptoir avec une pièce en criant "Venez vendre". Elle arrivait avec ses bijoux créoles et des petits choux dans les cheveux.

Nous comptions nos pièces de cinq centimes -les miennes  avaient généralement été dérobées dans le tiroir où mes ainés rangeaient la monnaie du jour-

 Elle remplissait nos mains de bonbons.

Son petit lolo était situé non loin de l'école primaire, c'est naturellement qu'elle s'attachait aux enfants du quartier.

Que de douceurs nous a procuré cette femme, ce parent périphérique.

Avait-elle des enfants? Un successeur, une personne a qui trasmettre...

" C'était bien chez Laurette..." C'est à elle que je pense en écoutant cette chanson.

25.09.2007

Parfum d'antan

Septembre est en train de s'en aller...

Je ne l'ai presque pas vu faire. Dans quelques jours ce sera terminé...

Rien n'est vraiment immuable. Comme si tout finissait par s'en aller.

Jeudi j'aurai l'âge que je vais avoir... juste une sensation.

J'y ai pensé ce soir en choisissant une crème de jour,

J'ai finis par me décider pour une gamme plus couteuse que d'ordinaire.

Anti-ride. Forcement.

Je me regarde dans le miroir. Droit dans les yeux.

Je ne sais plus depuis combien de temps je ne me parfume plus avec de la vanille.

J'ai quelques cheveux blancs et je rêve de voyages.

Septembre partira et finira par revenir. Encore.

Avec lui ce petit parfun d'antan... Une odeur de chandelle, d'huile de carapate...

 

01.09.2007

Lettres Latines...

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cette nuit je fus réveillée

Par cette question complètement incongrue, je vous l'accorde

Mais qui a provoqué en moi une sorte de panique

irraisonnée, irrationnelle, inutile,

J'ai entendu sonner  six coups au clocher du village

Presque l'aube,

Toujours cette même confusion

"Et si la lettre I n'avait jamais appartenue à l'alphabet Grec"...

26.08.2007

A la manière d'un feu de joie...

La petite annonce était épinglée dans un coin du tableau en liège du rez- de- chaussée.

Juste à côté de l’appareil à badger.

On avait du l’afficher tôt ce matin ou très tard le soir car je ne l’avais pas vu hier en partant.

Elle était rédigée à la main sur du bristol rose pale. Le message, bien que surprenant, était concis.

Il n’y avait personne dans le couloir, aucun de bruit de pas non plus. J’ai posé mon sac à main par terre et je me suis baiser baissée, fouillant tout au fond à la recherche d’un stylo.

Maudit fourre tout… on n’y retrouve jamais rien.

Il y avait un numéro de téléphone. Une ligne fixe.

Je m’apprêtais à noter la combinaison de numéros. Vite.

Salut ! tu es bien matinaletombée du lit ? Me surprit la voix taquine d’une de ma collègue.

Tu cherches quelque chose ?

Je me suis redressée si vite que la tête m’a tournée. Retiens les numéros…tu les noteras tout à l’heure murmura mon excitation.

Je n’ai jamais été une femme audacieuse, intrépide tout au plus. Et je voyais dans ce message comme une offre d’aventure.

Je pensai à cette petite annonce toute la matinée sans oser y revenir.

Vint l’heure de la pause déjeuner. Tard puisque je fus retenue par milles obligations…

Je mesurai mes pas en me dirigeant, comme à rebours, vers l’appareil capteur de temps.

Elle n’y était plus… ôtée, enlevée, disparue.

C’était un numéro en 03. 81… trop énervée mon cerveau refusa de se souvenir.

Mais je me rappelle exactement des deux lignes écrire à la main

[Cherche femme pour partager jeux d’écritures.

A mots Doubs, plumes sensibles.]

tel au...

Et m****!

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